2019, année la plus chaude jamais enregistrée en Europe !

Auteur : Jennifer Fernando

Après la publication du rapport annuel de l’Organisation météorologique mondiale en mars dernier (voir ce billet de blog), c’est au tour du service climatique du programme Copernicus de l’Union européenne (UE) de publier son rapport annuel.


Copernicus est un programme européenne de surveillance de la Terre et ses écosystèmes et de prévention pour préparer et protéger les européennes aux futures crises et catastrophes naturelles ou d’origine anthropique. Il offre des services d’information basés sur l’observation de la Terre par satellites et les données terrain. Ce programme est coordonné et géré par la Commission européenne et est mis en œuvre par les États membres, l’Agence spatiale européenne (ESA), l’Organisation européenne pour l’exploitation de satellites météorologiques (EUMETSAT), le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), les agences de l’UE et Mercator Océan.


Ce rapport présente les principaux événements et conditions météorologiques de 2019 et les derniers résultats sur l’évolution du climat en Europe. Les données satellites venant compléter les données de terrain et les modèles permettent une ré-analyse plus précise des indicateurs climatiques. Retour sur six observations clés.


Observation n°1. Alors que 2019 est la deuxième année la plus chaude à l’échelle mondiale (billet de blog), elle est la première pour l’Europe suivie de près par 2014, 2015 et 2018. De plus, 11 des 12 années les plus chaudes jamais mesurées sont observées après les années 2000.

Figure 1 : Écarts de températures annuelles par rapport à la période 1981-2010.


Observation n°2. En France, la hausse de la température de l’air en 2019 était de 2°C par rapport à la période 1982-201. Elle était de 3 à 4°C en Europe centrale et dans la région arctique. L’Europe a été rythmée par d’impressionnantes vagues de chaleurs survenues en février, juin et juillet avec de nombreux records battus notamment en France (46,0°C) et en Allemagne (42,6°C) (pour en savoir plus, voir ce billet de blog).

Figure 2 : Écarts de températures moyennes en 2019 par rapport à la période 1981-2010.


Observation n°3. Malgré ces vagues de chaleur, les régions de l’ouest et du sud ont connu le mois de novembre le plus humide jamais enregistré avec des précipitations pouvant atteindre quatre fois les valeurs moyennes. Cette observation est corrélée à plusieurs événements tempétueux accompagnés d’abondantes précipitations. Pour la France, novembre 2019 fut le troisième plus humide depuis 1959.

Figure 3 : Écarts de précipitation (mm) pour octobre à décembre 2019 par rapport à la moyenne des précipitations sur la période octobre-décembre entre 1981 et 2010.


Observation n°4. L’Europe a connu des sécheresses sévères notables dès juin 2019 et tout au long de l’été à travers l’indice de surface foliaire. Sa valeur indique une croissance des végétaux fortement affectée. En effet, l’indice de surface foliaire était en-dessous de la moyenne dans plusieurs régions en Europe de l’ouest, dans les Baltiques et en Scandinavie. En automne, alors que la végétation semblait se remettre dans l’ouest de l'Europe notamment en France, l’indice de surface foliaire au sud-est de l’Europe (autour de la mer noire) montrait des valeurs en-dessous de la moyenne.

Figure 4 : Écarts de l’indice de surface foliaire pour les mois de juin, juillet, septembre et octobre 2019 par rapport à la période de référence 1998-2014. Ces cartes sont déduites à partir de données satellites.


Observation n°5. Fin juillet, des records de température sans précédent ont été battus dans le nord de la Scandinavie lorsqu’une courte vague de chaleur a traversé l’Europe. Cela a conduit à une fonte record de la calotte glaciaire du Groenland. Cependant, la saison estivale dans son ensemble a connu des températures relativement proches de la moyenne. L’étendue de la mer de glace était inférieure à la moyenne (période de référence : 1981-2010) comme elle l’a toujours été au cours des 15 dernières années mais nettement au-dessus des valeurs enregistrées au cours de 6 des 7 années précédentes.

Figure 5 : Écarts de la température de l’air annuelle entre 1979 et 2019 (droite) et de janvier et décembre 2019 (gauche) dans la portion européenne de l’Arctique par rapport à la période de référence 1981-2010.


Observation n°6. Les indicateurs climatiques qui montrent l’évolution sur le long terme de variables clés climatiques mettent en lumière un réchauffement qui se poursuit et qui s’accélère en Europe. Ce réchauffement est causé par l'accumulation des émissions de gaz à effet de serre (GES) depuis l'ère industrielle. Ces émissions sont toujours à la hausse à travers la planète. Ce réchauffement s’accompagne d’impacts néfastes sur l’environnement notamment la cryosphère (mer de glace, calottes glaciaires et glaciers de montagne), l'océan et l’atmosphère.

Le rapport confirme que 2019 a été le plus jamais enregistré en Europe, une nouvelle alerte qui montre que plus que jamais accélérer la transformation de nos modes de vie pour une société plus sobre en carbone et plus durable est une nécessité.

À propos de l'auteur :

Jennifer Fernando est consultante en stratégie environnementale. Elle est docteure en sciences de la Terre et diplômée de Sciences Po en politique environnementale.

Contact : jfernando.consulting@gmail.com.

Site internet : https://www.jennifer-fernando.com


Référence :

Copernicus Climate Change Service (C3S), European State of the Climate (ESOTC) 2019. Disponible ici.


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Jennifer FERNANDO

Consultante indépendante

Stratégie environnementale & Observation de la Terre par satellites