Quand les altimètres spatiaux relèvent le niveau !

À l’occasion de la journée mondiale de l’océan, zoom sur près de 28 ans de mesures altimétriques spatiales qui permettent d'évaluer l’impact du réchauffement global sur l’océan.


Donnée du jour : Série temporelle montrant l’évolution du niveau moyen de l’océan en mm/an observée par 12 missions de l’observation de la Terre par satellites avec à leur bord des altimètres (© Donlon, et al. 2021).

Description : Les mesures altimétriques satellitaires issues de diverses missions, obtenues entre 1992 et 2020, indiquent que le niveau global de l’océan s’est élevé en moyenne de 3,13 mm/an. Grâce à la continuité des missions altimétriques, cette série temporelle unique permet aux scientifiques de mieux comprendre l’évolution du climat et ses changements et de mieux évaluer l’impact du réchauffement global sur l’océan. Cette hausse du niveau de l’océan constatée résulte pour l’essentiel de la dilatation thermique de l’océan, de la fonte des calottes polaires et des glaciers de montagne ainsi qu’aux échanges avec les réservoirs d’eaux continentaux. L’élévation globale du niveau de l’océan a pour conséquence des risques de submersion des zones littorales situées en dessous ou proche du niveau marin, comme les petits États insulaires et les deltas telles que la région du Gange où le Bangladesh est déjà fortement menacé. Ainsi, la surveillance précise du niveau de l’océan est déterminante pour évaluer les conséquences socio-économiques et environnementales de cette hausse afin d’apporter des mesures d'atténuation du réchauffement global et des mesures d'adaptation au dérèglement climatique à la hauteur des enjeux.


Zoom sur les missions et données satellites : Les altimètres spatiaux sont des instruments qui mesurent la distance entre le satellite et la cible à la surface en mesurant la durée aller-retour d’un pulse radar. Au-dessus de l’océan, ils permettent en particulier de mesurer et de suivre son niveau. Grâce au caractère synoptique des données satellitaires (haute fréquence de revisite et large couverture géographique), le suivi des variations du niveau de l’océan est possible à de plus grandes précisions que celles des mesures in situ (marégraphes) et en différents points de l’océan. Plusieurs missions spatiales se sont succédées depuis 1991 comme les missions Topex/Poséidon, Jason-1, Jason-2 et désormais Jason-3 et les Sentinels-3A et 3B du programme européen Copernicus.

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À propos de l'auteur : Jennifer Fernando est conseillère en stratégie environnementale basée sur l'utilisation des données de l'observation de la Terre par satellites. Elle accompagne les acteurs des territoires (établissements publics, collectivités, entreprises, ONG/associations/fondations, citoyens) qui souhaitent utiliser les données et images satellites dans le but de faciliter l'évaluation, la gestion et le suivi des ressources naturelles (eau, forêt, sol, air, écosystèmes, biodiversité) et des changements globaux (pollution, pénurie, dérèglement climatique). Elle accompagne également les acteurs de la communauté du spatial (start-ups, PME, ETI, agences spatiales) qui développent des missions spatiales et/ou exploitent les images et données satellites et qui souhaitent développer des applications au plus proche des besoins des utilisateurs finaux et les valoriser auprès d'eux.

Contact : jfernando.consulting@gmail.com

Site internet : https://www.jennifer-fernando.com